Albert MARQUET (1875-1947)

Est un peintre post-impressionniste français. Très tôt, il est attiré par tout ce qui bouge, il va là où la vie est mouvement. Son regard aigu observe l'animation du port de Bordeaux, les jeux lumineux du ciel et de l'eau au bord de la Gironde et du bassin d'Arcachon. Sa mère le soutient dans cette orientation artistique. Elle l'accompagne à Paris en 1890. Il entre à l'École nationale des arts décoratifs en 1892, où il fait la connaissance de Matisse. Entre 1895 et 1899, il rejoint Matisse à l'école des Beaux-arts et fréquente l'atelier de Gustave Moreau. En 1901, il débute au Salon des Indépendants où il présente dix tableaux. En 1905, il contribue à l'exposition des Fauves au Salon d'automne, aux côtés de Matisse, Vlaminck, Derain, Mauguin et Camoin. Celle-ci fit scandale en raison de la violence des formes et des couleurs. Il abandonne assez vite cette manière de peindre pour la recherche d'une harmonie plus nuancée. En 1907, il fait sa première exposition personnelle à la galerie Druet, et quelques années après une série de nus en atelier. Marquet effectue plusieurs voyages (de la Norvège au .Maghreb) où il cherche l'inspiration. C'est à Tanger, la plus européenne des villes du Maroc, que Marquet aborde en 1908, pour la première fois, les côtes africaines. Il est en route pour Dakar en compagnie de Matisse. De retour à Tanger en août 1911, en compagnie d'Eugène Montfort cette fois, il parcourt à cheval la côte jusqu'à Casablanca. « J'ai les fesses en marmelade, mais je deviens un cavalier épatant », écrit-il à Matisse depuis Tétouan. En 1913, ils découvrent tous deux le sud du Maroc. Peu d'œuvres naissent de ces séjours marocains: des croquis de rues, des dessins à l'encre, des gouaches, et quelques tableaux peints depuis sa chambre d'hôtel « Villa de France » où l'avaient précédé Henri Matisse et Charles Camoin. Avec Marcelle, qui connaît tous les chemins qui, à travers ravins et vergers contournent Alger, il explore les environs. Sur les coteaux fleuris, dans les jardins luxuriants des villas du quartier de Mustapha Supérieur, parmi les palmiers, les roses, les jasmins, il guette la moindre percée vers la mer. Des escapades dans le Sud algérien, jusqu'au désert, lui font découvrir une variété extraordinaire de paysages où défilent plaines et hauts plateaux séparés par d'abruptes chaînes de montagne, gorges spectaculaires, oasis. Cette fidélité à l'Algérie n'exclut pas les visites en Tunisie, ou à nouveau, au Maroc. En 1923, c'est dans le village enchanté de Sidi-Bou-Saïd, au cap Carthage que les Marquet passent leur lune de miel. En 1925, accompagné d'un groupe de pensionnaires de la villa Abd el Tif la « villa Médicis » algéroise Marquet séjourne à Bougie. Comme à Alger, il est impressionné par la beauté de ce grand port moderne et en compose des peintures. En 1926, il loue une villa à La Goulette, à l'entrée du port de Tunis. Face à la mer, l'artiste peint des paysages japonisants. À trois reprises, en 1930, 1934 et 1935, Marquet renoue avec le Maroc. Son dernier séjour à Rabat est particulièrement fructueux. Il dispose de deux ateliers, l'un dominant le port, l'autre l'oued Bou-Regreg et les remparts de Salé, sur la rive opposée. En 1939, à la déclaration de guerre, Marquet retourne à Paris pour mettre ses œuvres à l'abri, mais il ne tarde pas à rentrer à Alger. En 1941, il fait une grande exposition de ses œuvres à la galerie du Minaret, ce qui lui permet d'acheter une propriété. Jusqu'en mai 1945, Marquet travaille et réside à Alger. Un dernier séjour à Alger en 1946 est marqué par le succès de son exposition à la galerie Colin où tous ses tableaux sont vendus. En 1947, Marquet est trop fatigué pour voyager. Retiré à La Frette-sur-Seine, il peindra ses dernières toiles. Il décède à Paris le 14 juin et est inhumé au cimetière de La Frette, au sommet d'un coteau dominant la Seine. Marquet fut essentiellement un peintre de l'eau. Contempler l'eau fut pour lui un besoin vital. Libre et tranquille avec ses pinceaux, ses crayons, ses toiles, il était seul avec l'objet de sa contemplation. Par ses visions de l'eau, on a pu rapprocher ses peintures de celles du grand peintre japonais Hokusai. Sans doute a-t-il subi son empreinte, notamment dans l'atelier de Gustave Moreau, à une époque où l'on cultivait l'art des estampes japonaises.

2 Lots
Oeuvre d'art
Albert MARQUET (1875-1947)

Passant à Lagoulette

Encre sur papier

12 x 10 cm

5000/6000 TND

Oeuvre d'art
Albert MARQUET (1875-1947)

La Goulette

Estampe sur Papier

22 x 16 cm

250/350 TND

Prix réalisé: 275 TND